Chasse sous marine à l’agachon

Agachon et chasse sous marine

Le poisson est curieux. La technique de l’agachon (aspetto) consiste à se placer à l’affut au fond de l’eau afin de faire venir le poisson. Il faut être immobile et le mieux caché possible pour ne pas l’effrayer.

Quelques conseils : descendre lentement puis se placer sur le poste d’agachon sans faire de bruit. Faites attention à ne pas cogner ou racler le fond, à taper le fut de l’arbalète et la pointe de la flêche sur la roche, les poissons n’aiment pas çà !



Ensuite, rester le plus immobile possible. S’il est tentant de faire un tour sur soi même, regarder en haut, sur les côtés, en tournant son fusil dans tous les sens pour voir ce qui se passe, ce n’est pas dans la majorité des cas la meilleure méthode, à part si on veut faire fuir toutes les belles pièces du spot ! Il faut être patient et attendre que le poisson se présente dans votre champ de vision.

Certains chasseurs n’hésitent pas à enlever leur tuba avant de plonger, ceci afin qu’il n’y a pas de bulles à s’échapper du tuba lors de la coulée. Au fond de l’eau, c’est à vous de juger : soit être d’une discrétion absolue, soit faire quelques bruits comme gratter le fond, faire des bruits de gorge, lâcher une petite bulle, etc


1- La chasse à l’agachon par petits fonds

La descente doit être silencieuse grâce à un lestage adapté vu que la profondeur est faible. Il faut enlever le tuba de la bouche avant de s’enfoncer sous l’eau, sinon l’air contenu dans le tuba s’échappe et les poissons n’aiment pas çà. La discrétion est un gros atout pour faire de belles prises. Si vous faites un raffut du diable et que vous voyez encore des petits sars ou des bars portion, ne vous réjouissez pas ! Il y en avait surement de plus gros que vous auriez pu voir mais qui se tiennent maintenant bien à distance…

Le positionnement au fond est très important pour la réussite de l’agachon. Le but est de se fondre dans le paysage. Il faut épouser le relief.
S’il y a un rocher cachez vous derrière. Des algues, cachez vous dedans. Une faille, glissez y votre fusil. Du sable… allongez vous bien à plat… Bref, vous l’avez compris, le principal étant d’être bien caché tout en ayant un bon angle de tir.

Normalement, le poisson vous a « entendu » mais ne vous voit pas. Il est intrigué et nage dans votre direction pour vous localiser. Cette curiosité va lui être fatale. A vous de le surprendre en trouvant le bon moment pour lâcher le tir. Parfois il faut tirer dès l’apparition du poisson, même de face, d’autres fois il faut attendre que le poisson présente un « bon profil ». Tout dépend du comportement du poisson, mais aussi de votre capacité à réagir vite et bien ! Il est important d’avoir une bonne position d’agachon car plus le poste est bon et confortable, plus l’agachon est agréable et l’apnée longue. Si on est « cassé en deux » dans une cuvette ou qu’on est poussé par la houle ou le courant, l’agachon devient inconfortable, on se crispe, et les chances de faire du poisson se réduisent considérablement.

Connaître les lieux peut être un atout considérable. Ayant déjà pratiqué le spot, vous avez remarqué en évoluant à l’indienne qu’il y a toujours de gros mulets sur une tache de sable, ou un banc de loups autour d’une belle pierre, mais sans réussir à les approcher. Lors de la prochaine sortie, veillez à approcher le spot en évoluant au fond discrètement, puis arrêtez vous et faites votre agachon avant de les voir et donc d’être visible par eux ! Avec un peu de chance ce sont eux qui viendront à vous !


2- L’agachon en eau profonde

Sur fond rocheux, sur les secs au large, près des tombants, à la pointe des caps et des écueils battus par les vagues et le courant. Il faut s’appliquer ! Le canard et la descente sont importants car plus ils sont efficaces et plus votre apnée au fond sera longue et confortable. Lors de la descente il faut palmer jusqu’à atteindre la zone de flottabilité négative. Ensuite il est possible de se laisser couler en utilisant nettement moins voir plus du tout les palmes pour ne pas effrayer le poisson. Cela permet d’arriver en souplesse au fond, sans s’écraser sur une roche ou s’enfoncer de 20 cm dans le sable ! Lorsque l’on arrive au fond on peut visualiser un poste d’agachon et s’y caler en s’assurant de ne pas faire de bruits avec son arbalète, ses palmes ou ses plombs.

La température de l’eau est aussi à prendre en compte. Certains poissons se positionnent par rapport à la thermocline lorsqu’ils sont en pleine eau, d’autres affectionnent les courants d’eau chaude et fuient les courants d’eau froide comme les dentis, les liches et les sérioles. Il n’est pas rare de voir les mulets et loups fouiner dans très peu d’eau lorsque les roches sont chauffées par le soleil et que la mer est calme. A contrario on pourra trouver des bars et des dorades dans de l’eau plus froide… car très brassée et donc riche en vie… encore une fois tout dépend de la région.

Si l’arbalète est dans la mauvaise direction, la tentation est grande de bouger le bras. Abstenez-vous, servez-vous plutôt du poignet pour corriger l’angle de tir. Autre détail important, votre regard. Il doit rester discret et immobile, en particulier en eau claire. Certains poisson n’aiment pas un regard insistant, peut être le ressentent-ils comme un mauvais signe ! Un regard appuyé et un fusil qui se pointe vers eux = danger ! Il est donc préférable d’être détendu et de montrer une certaine indifférence vis à vis du poisson. Vous pouvez aussi essayer de baisser votre regard, le masquer, etc mais n’oubliez pas que le relâchement est important.

3. Tirer les dorades, les sars, dentis

Il y a des poissons particulièrement peureux qui restent désespérément loin, hors de portée. Que faut-il faire dans ce cas ?

Si vous êtes bien caché, vous pouvez essayer de lever légèrement la tête et la rabaisser immédiatement. Le denti intrigué par cette silhouette qui se dérobe à sa vue va tenter de se rapprocher. Cette ruse fonctionne aussi parfois sur les daurades et les gueules pavées. Elle peut s’avérer payante sur les sars et même sur les bars et lieus.

Si vous avancer trop de votre poste d’agachon, essayer de vous tasser sur vous même ou de reculer d’un mètre comme si vous aviez peur. Parfois le poisson prend confiance et faire un volte face pour revenir rapidement vers vous.

Si la technique ne fonctionne pas, de désespérez pas. Redressez vous calmement et éloignez vous de la vue du poisson avant d’entamer le trajet inverse pour remonter. Si vous le pouvez, ne remontez pas à la verticale de votre poste d’agachon. Vous pourrez ainsi recommencer au même endroit et peux être capturer le poisson de vos rêves.

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