Chasse sous marine à trou (raguer)

Pêcher à trou, syn. Raguer

Cette technique permet de prendre des poissons comme le sars, le corb, le mérou, daurade etc… Pour certains c’est leur habitat car ils sont sédentaires, d’autres se mettent à trou pour se reposer ou se cacher.
Vidéo de mulets dans une rague en atlantique

L’arbalète doit toujours être devant vous et suivre vos yeux, mais sans pénétrer la rague au risque d’effrayer le poisson. La discrétion est de mise pour ne pas faire gicler le poisson. Ne pas taper sur la roche ou faire du bruit lors de l’approche de la pierre. Il faut insister et scruter attentivement tous les recoins d’un trou car le poisson se cache souvent dans une anfractuosité et essaie de se confondre avec la roche pour que vous ne le voyiez pas.

Astuce : pour percer l’obscurité d’une rague sombre, attendez quelques secondes ou fermez les yeux quelques instants pour leur laisser le temps de s’habituer. Parfois le poisson ne trahi sa présence que par le reflet d’une écaille, le léger mouvement d’une nageoire on une silhouette en contre-jour.

La chasse à trou peut se pratiquer dans 4 ou 40 mètres d’eau, donc il est difficile de faire des généralité. Mais il est évident que la difficulté croît avec la profondeur, et on ne peut que mettre en garde le chasseur.

C’est après le tir que tout peut se compliquer. Une flèche coincée dans le fond de la rague, un poisson difficile à extraire de son trou, l’excitation de la prise… des détails qui ont leur importance car l’apnéiste peut alors faire des efforts très importants qui peuvent rendre la remontée problématique. Il vaut mieux assurer le coup et descendre plusieurs fois sur le poisson après une bonne récupération en surface que de s’acharner. On ne peut que conseiller l’usage du moulinet et la chasse en binôme pour les gros poissons.

Comment savoir quel trou aborder ? Les bons chasseurs vous diront que çà ne s’explique pas, qu’il faut avoir « le sens de la pierre ». Mais sans avoir l’expérience d’un grand champion vous pouvez quand même observer quelques conseils de base.

Tout d’abord observer le relief, et le comportement du poisson. Une petite filature sur un poisson peut vous conduire au trou habité. Un petit sar, un corb, ou une vieille apeurée peuvent vous conduire au repaire de poisson plus gros. Ils peuvent aussi vous amener vers une rague abritant une autre espèce : une belle mostelle ou un gros bar à trou, parfois même un homard !

De manière générale, certaines espèces ont leurs habitudes :
– les sparidés et les labres apprécient les failles horizontales ou verticales, près d’une zone brassée, ou les labyrinthes de dalles ou madrépore.




– le mérou se trouve souvent dans une belle cavité avec un pas de porte bien dégagé. Les tombants sont des zones à prospecter.
– le congre et le homard ont souvent des déchets devant leur trou et sont souvent entourés de crevettes.
– la mostelle affectionne les recoins sombres
– mulets et bars stationnent dans des ragues aérées avec plusieurs entrées
– corbs et langoustes aiment les failles étroites ou les belles cavités

On préférera aborder le trou par le dessus en tenant l’arbalète de telle sorte que le déclenchement du tir se fasse avec le pouce et non avec l’index, ou par le côté, mais jamais de face.
Pour avoir une arme maniable il faut choisir un modèle court, de 50 à 75 cm, avec une flèche de 6,5 ou 7 mm équipée de préférence d’un ardillon court.
Le peigne peut être utilisé en méditerranée pour des poissons de taille modeste dans des pierres ou le risque d’enraguer est grand. A part sur du gros poisson, une puissance trop importante des sandows n’est donc pas justifiée, si ce n’est pour exploser vos flèches ou faire la faire ressortir du poisson quand elle va percuter et rebondir sur la pierre.
En atlantique et en manche, l’usage du trident en eau trouble et sur épave est primordial pour sécher le poisson et éviter qu’il n’aille faire une pelote de fil dans une cale encombrée de tôle… Il faut alors du gros sandows ou un fusil pneumatique puissant pour propulser cette arme lourde mais terriblement efficace.

Le trident peut aussi permettre des tirs instinctifs, à la volée, comme sur ce gros bar (l’action se déroule à partir d’1 minute 20 secondes de vidéo)

Si vous tombez sur une rague bien bondée, des doublés, voire des triplés peuvent être réalisés. Mais c’est souvent l’occasion de générer un joyeux bazar dans la rague, et de tout emmêler ou de la vider de ses occupants. En conséquence, on s’appliquera d’abord à tirer ceux qui se tiennent à l’écart, l’idéal étant de sécher sa proie pour ne pas effrayer les autres habitants.

Enfin, il faut rappeler sans vouloir être moralisateur car c’est aussi une histoire d’efficacité, qu’un bon chasseur est capable de gérer ses pierres. Difficile de résister à la tentation de faire un carton à la découverte d’une rague à bloc. Mais si vous voulez revoir de la vie sur votre « secret spot », ne prélevez que quelques beaux spécimen. Si vous ne videz pas la pierre, nul doute qu’elle continuera d’abriter de la vie. Vous pourrez ainsi revenir lors de vos chasses futures et continuer à faire de belles prises ! A condition de ne jamais dévoiler le coin 😉

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